portrait

  • « On ne peut pas arrêter le changement, il est en route, mais on peut l’influencer avec notre dynamisme collectif »

    Simon à la nuit du handicap, juin 2019, Clichy

    J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Simon, bénévole et Représentant du collectif « Les Roulettes en colère » à la délégation APF France Handicap des Hauts-de-Seine.

    Simon m’a fait part de l’importance qu’a l’association APF France Handicap dans sa vie depuis qu’il l’a rejoint il y a 3 ans. Pour lui APF a « changé sa vie » m’a-t-il confié.

    Il m’a longuement et clairement expliqué en quoi consiste le collectif qu’il représente avec d’autres bénévoles en situation de handicap également, « Les Roulettes en colère ». Il s’agit d’un groupe de travail qui regroupe des bénévoles et des élus de la région Ile de France. Il a pour objet de travail le PAM, qui signifie Pour Une Aide à la Mobilité.

    Simon est conscient des nombreux problèmes rencontrés par les personnes en situation de handicap, notamment en ce qui concerne les transports qui sont très peu voire pas du tout adaptés (peu de panneaux pour s’orienter, trottoirs inadaptés…). Cette situation suscite le mécontentement de Simon et ses camarades, c’est pourquoi ils ont décidé d’agir.

    Le service PAM est un service de transport spécialisé destinés aux personnes dans l’incapacité de prendre les transports pour se déplacer. Chaque département bénéficie de son propre service PAM financé par les usagers, le département, la région et Ile-de-France Mobilités.

    Simon est très impliqué dans la cause qu’il défend, il souhaite réellement jouer le rôle d’influenceur de la vie associative et venir en aide à un maximum de personnes en situation de handicap. J’ai été impressionné de voir son optimisme et sa détermination. Il m’a fait part de sa volonté de « se battre pour défendre ses droits », il a également insisté sur l’importance de « croire en soi et de faire émerger ses qualités ».

    Simon compte beaucoup sur le soutien des bénévoles qui rejoignent l’association, pour lui il est important que le bénévole soit en mesure de « Proposer, Partager, Encourager », mais surtout d’être à l’écoute, d’apporter du rêve et du plaisir aux personnes qui se laissent parfois démoraliser par leur situation de handicap.

    Son ambition est de « faire évoluer les choses », lui et son collectif font du lobbying, ils souhaitent faire entendre leurs propositions en matière d’aménagements de transports à Ile-de-France Mobilités et surtout avoir une influence sur les décisions publiques.

    D’autre part, Simon fait également partie de l’association France Assos Santé qui regroupe des représentants d’autres associations pour parler des problématiques de santé.

    Il est important que tout comme lui, les personnes en situation de handicap puissent partager leur expérience au quotidien que ce soit en relation avec les aménagements ou bien avec leur insertion personnelle ou professionnelle dans la société, ce qui n’est pas toujours évident.

    Enfin, Simon m’a confié qu’il est l’un des animateurs de la Web Radio de l’association. De la même façon qu’il reçoit beaucoup d’aides en raison de sa situation de handicap, il souhaite encourager et aider les jeunes à dévoiler leur talent.

    « Être bénévole permet d’apprendre à connaître l’autre mais également d’apprendre à se connaître soi-même. »

    Assiatou BALDE

  • Portrait de Claire Brown, sophrologue bénévole à la délégation 92.

    Claire Brown et des participants à l'atelier de sophrologie à la délégation des Hauts-de-Seine

    « On se retrouve dans l’essentiel de l’humain, hors maladie, hors culture , on est tous égaux face à ce besoin d’harmonie entre le corps et l’esprit. » Claire Brown

    Ce jeudi 8 octobre, j’ai eu le plaisir d’interviewer Claire Brown, 61 ans, sophrologue bénévole à la délégation 92 d’APF France handicap. Elle était infirmière au SAMSAH (Service d’Accompagnement Médico-Social pour personnes Adultes Handicapées) jusqu’à son départ en 2016. Elle dispense des séances de sophrologie deux jeudis après-midi par mois à la délégation de Nanterre mais elle exerce également en clinique, au sein d’une communauté de personnes venant d’Afrique qui se retrouvent déracinées. Ces séances s’effectuent en petits groupes mais parfois elle donne des séances individuellement.

    Comment a-t-elle connu l’APF France Handicap?

    Claire Brown a vu sa maman faire des dons à l’association dans son enfance. Par la suite, elle m’a confié qu’elle a été très rapidement confrontée au handicap : par exemple les deux parents d’une de ses amies de jeunesse étaient atteints de poliomyélite et travaillaient à l’APF. Plus amusant : son premier trajet en voiture après l’obtention de son permis de conduire était au volant de celle d’une personne en situation de handicap, dans les années 70. Claire Brown a eu l’occasion de comparer la situation les années 80 des personnes handicapées en France à celle au Royaume-Uni où elle a travaillé. A l’époque, en France, les personnes en situation de handicap ne sortaient pas dans la rue, à l’inverse du Royaume-Uni. Heureusement, bien que la situation soit encore loin d’être parfaite, elle a beaucoup évolué, et ce grâce à des associations telles que APF France handicap, qui se bat pour faire valoir leurs droits.

    Avant de quitter le SAMSAH, elle a eu l’opportunité de suivre la formation de sophrologie à l’académie de sophrologie de Paris dirigée par un médecin en 2013. Merci le SAMSAH! Cette formation lui a permis d’obtenir un diplôme l’année suivante et c’est ainsi qu’elle a débuté ses séances de sophrologie auprès d’usagers du SAMSAH et d’adhérents d’APF France handicap.

    Claire Brown et des participants à l'atelier de sophrologie à la délégation des Hauts-de-Seine

    Mais qu’est-ce que la sophrologie?

    Il s’agit d’une méthode psychocorporelle qui permet l’harmonie entre le corps et l’esprit : « Notre corps est lié à notre esprit, à notre mental ainsi qu’à nos émotions. Lorsque l’un va mal l’autre aura plus de difficultés à aller bien. »

    Par un apprentissage d’une respiration libérée des tensions, des mouvements doux et des exercices pour plonger au fond de soi-même, on apprend à repérer ses ressentis positifs et à agir sur son corps, à prendre conscience de la vie qui circule dans notre corps. ATTENTION, la sophrologie ne se substitue à aucun traitement mais elle les rend plus efficaces ! Cela permet à la personne de se sentir maîtresse, actrice de sa santé.

    Lorsqu’une personne voit son quotidien brutalement changer à la suite d’un accident, d’une maladie, quand elle doit faire le deuil de sa vie d’avant, l’esprit est très perturbé et elle a besoin de trouver une activité qui l’aide à reprendre confiance en ses capacités et à retrouver une certaine paix intérieure. Claire Brown m’a informée que cette discipline permet d’en apprendre beaucoup sur soi-même mais également sur les autres. Les personnes qui assistent à ses séances lui font confiance, ils « se laissent guider et entraîner » pour retrouver de l’harmonie entre le corps et l’esprit. Il y a toujours un moment de partage après chaque séance où chacun se confie sur la manière dont il/elle a vécu la séance (physiquement et psychologiquement), s’exprime sur ses ressentis pendant la séance. Cela peut être une excellente occasion de faire des rencontres, de se confier.

    Ce qu’elle attend d’APF France handicap ?

    Tout simplement qu’elle œuvre pour créer des rencontres : « l’être humain est fait pour vivre en société et travailler ensemble ». Elle reconnait que certes il est nécessaire d’avoir une certaine autonomie mais il ne faut surtout pas que cela conduise à l’isolement de l’être humain car on le rappelle, «si l’esprit va mal, le corps ira mal ». Madame Brown a souligné l’importance de s’aider les uns les autres, car on a tous besoin de quelqu’un pour vivre.

    Propos recueillis par Assiatou Balde.